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C’est l’histoire d’un homme qui, malgré sa petite cinquantaine, se sent déjà au soir de sa vie. Après une existence errante qu’il estime inutile et gâchée, il ne se sent pas seulement rompu physiquement – ce qui est au fond l’un de ses moindres maux – mais surtout moralement éteint, comme un homme qui se serait trompé de vie, et qui le sait. Il vit dans un galetas misérable aux volets constamment fermés, ignorant jusqu’à l’alternance des jours et des nuits, avec pour seule compagnie un chat qui lui aussi manque cruellement de pétulance. Il n’a pas vu les années passer, il ne sait plus très bien ce qu’il a fait de sa vie, et il se persuade maintenant qu’il a perdu un temps précieux en de multiples sottises qui ne lui ont strictement rien apportées si ce n’est un goût d’amertume au cœur et au corps. Mais, sur sa vie, le constat qui lui paraît le plus évident et le plus imposant, c’est qu’il ne connaît rien à rien, n’a jamais rien su de rien, et qu’un peu de connaissance du monde et de son histoire eût peut-être pu lui apporter une place ici-bas, et par conséquent un destin, même le plus insignifiant ; n’importe quoi plutôt que cette impasse qui déjà touche à sa fin et commence à déboucher sur la grande nuit définitive.

C’est l’histoire d’un homme qui, malgré sa petite cinquantaine, se sent déjà au soir de sa vie. Après une existence errante qu’il estime inutile et gâchée, il ne se sent pas seulement rompu physiquement – ce qui est au fond l’un de ses moindres maux – mais surtout moralement éteint, comme un homme qui se serait trompé de vie, et qui le sait. Il vit dans un galetas misérable aux volets constamment fermés, ignorant jusqu’à l’alternance des jours et des nuits, avec pour seule compagnie un chat qui lui aussi manque cruellement de pétulance. Il n’a pas vu les années passer, il ne sait plus très bien ce qu’il a fait de sa vie, et il se persuade maintenant qu’il a perdu un temps précieux en de multiples sottises qui ne lui ont strictement rien apportées si ce n’est un goût d’amertume au cœur et au corps. Mais, sur sa vie, le constat qui lui paraît le plus évident et le plus imposant, c’est qu’il ne connaît rien à rien, n’a jamais rien su de rien, et qu’un peu de connaissance du monde et de son histoire eût peut-être pu lui apporter une place ici-bas, et par conséquent un destin, même le plus insignifiant ; n’importe quoi plutôt que cette impasse qui déjà touche à sa fin et commence à déboucher sur la grande nuit définitive.
Il n’est pas trop tard, se met-il à penser, il est encore temps de rattraper le coup, de sauver quelques miettes existentielles. Il a du temps devant lui : un handicap majeur à la jambe droite lui permet de toucher une allocation de solidarité, qui elle-même lui permet de vivre, chichement, mais vivre quand même. Cette idée avait germé en lui, un soir, devant la télé, en tombant sur une émission culturelle où était invité un érudit qui irradiait littéralement le plateau – et quelques dizaines de milliers de foyers par la même occasion – par l’ampleur de son savoir. Sur tout sujet, tout thème, toute discussion, il avait son mot à dire et non des moins passionnants. Sa parole ne magnétisait pas seulement l’ensemble des invités, elle semblait comme la démonstration en acte d’un individu parfaitement encré dans la vie et dans l’histoire du monde, qui s’en était donné les moyens, s’était battu pour, et récoltait maintenant les fruits charnus de son travail par un prestige tout à fait enviable.
Cette nuit-là, il avait rouvert le carton contenant quelques vieux livres de sa jeunesse, laissés à l’abandon depuis plusieurs décennies, et par conséquent jaunis, écornés, durcis, empoussiérés ; des livres dont il avait oublié jusqu’au titre et qu’il n’avait jamais trouvé le courage de refourguer, Dieu sait où. Ce n’était qu’un début, juste les quelques ouvrages de fortune qui ne devaient aider qu’à passer la première nuit d’obsession, pas plus. Ensuite, le « grand programme » devait commencer. Le lendemain, aux aurores – il avait passé la nuit à égrener des pages mais qu’importe : La fatigue n’existe plus quand règne l’enthousiasme – il bondit de son lit pour entamer son nouveau plan de vie. La médiathèque du centre-ville ferait largement l’affaire. Tout devait y passer, tout ce qu’avaient senti, pensé, écrit, découvert, parcouru, accompli les hommes depuis Adam et Ève. Pas d’impasse tolérée. Ô il se doutait bien que, pas plus que Rome, l’entreprise ne pourrait être menée à bien en un jour ; des éclairs d’incertitude l’avertissaient également de la probabilité qu’il n’en vît pas le bout de son vivant, mais il connaissait son but : non parvenir au bout de l’impossible, mais arpenter un chemin quel qu’il fût, et sur lequel chaque mètre ajoute à la consistance de l’être. Ne plus être inconsistant, voilà quel était l’objectif avoué de la vaste opération. Il fit un petit calcul : en écartant les aléas malheureux tels accidents, maladies, voire meurtre, et avec une espérance de vie d’environ quatre-vingts ans, il en avait, en moyenne, encore pour trente piges à tirer. Trente ans : trente multipliés par cinquante-deux semaines, soient mille cinq-cents soixante semaines. Rythme de travail soutenu – la fin justifie les moyens –, soit deux livres par semaine : trois milles cent-vingt bouquins. Pas mal, pensa-t-il. Pas mal du tout. Pas la perfection, certes. Mais pas mal du tout.
Le chat émettait des miaulements rauques qui ressemblaient à des cris de révolte contre l’insalubrité du taudis, et de manière plus générale contre la vie du ménage qui était de plus en plus désespérante, sans autre promesse que la porcherie et la misère. Il l’aimait bien, cette bête ; malgré son propre naufrage et son incapacité chronique à la nourrir, elle était restée, fidèle, semblant laisser de côté la passion de l’indépendance qu’on connaît à ces félins. Portefaix de sa débâcle, de ses colères, de ses frustrations, elle restait là, à encaisser, sans broncher, molle ou sacrificielle – ou les deux. C’était le dernier être vivant au monde qui lui restait, le dernier agrégat biologique en mouvement à ses côtés. Elle gémissait, mais il l’avertit gentiment que le « Projet » tel qu’il l’appelait maintenant, passait avant tout. Double sacrifice, colocation christique.
Ca faisait plus d’un mois qu’il n’était pas sorti de son gourbi. Il faisait toujours des provisions d’au moins un mois pour s’enfermer le plus longtemps possible sans trop avoir à se mouvoir. La lumière du jour lui fit presque totalement fermer les yeux, il mit au moins un quart d’heure à s’habituer. Au distributeur de billets, il retira tout ce qu’il pouvait retirer avant la limite du découvert autorisé : cent-cinquante euros. C’était un bon début. Pour transporter tout son futur attirail culturel, il avait emmené un énorme sac de montagne aux couleurs flashy qui interloqua ou amusa les passants – imbéciles ! songea-t-il, ils ignoraient que le burlesque personnage était en route pour le Savoir. Il n’avait pas mis les pieds dans une bibliothèque depuis plus de vingt ans. L’arrivée à la médiathèque, bâtiment éminemment moderne, fut pour lui comme la découverte d’un dôme futuriste, véritable caverne d’Ali Baba. L’odyssée fut plus laborieuse qu’il ne l’avait pensé. La sélection des œuvres se révéla pénible ; tout devait y passer, toutes les matières, tous les domaines : littérature, philosophie, arts, sciences naturelles, sciences formelles, sciences sociales… un cauchemar éveillé. La première tournée fut une déroute totale, il fut incapable de choisir la moindre œuvre d’un domaine, de peur d’en éliminer dix autres cent fois plus importantes. D’autant plus qu’il devait commencer par les œuvres les plus cardinales pour se forger une base solide, évitant ainsi que tout s’effondre à la fin, système pyramidal oblige. Il se calma, et la deuxième tournée fut nettement plus productive ; s’aidant d’une encyclopédie en libre accès qu’il compulsa pendant près de quatre heures, il lui sembla choisir quelques ouvrages de la plus haute importance dans l’histoire humaine.
De retour chez lui, sa boîte aux lettres lui dégueula quelques contrariétés très ordinaires, purulences d’un réel dont le prosaïsme, plus que jamais, lui répugnait : lettre de menace du proprio pour non-paiement de loyer, annonce de minoration de son allocation de solidarité pour d’obscures raisons, notification de retrait de trois points de permis avec amende pour excès de vitesse avec son vieux tacot pourri, publicités décérébrantes… et il avait le patrimoine de l’humanité dans son sac de montagne, quelle humiliation ! Enfin, il s’installa sur son lit. Il savait que ce dernier serait son meilleur compagnon, docile, indispensable, plein d’amour et d’abnégation, et qui, comme son chat, devrait supporter son poids – non celui de son âme, mais celui de son corps – pendant un temps relativement long. Son matelas, son chat : ses compagnons de route.
Le début du « Projet » fut une catastrophe. Dès les premières lignes de l’Odyssée d’Homère, que pourtant il abordait avec la certitude d’avoir affaire à un Saint Patron, il fut pris d’un vertige nauséeux suivi de céphalées monumentales, térébrantes comme des clous de neuf pouces perçant l’os temporal jusqu’à la masse gélatineuse de nos extases et de nos détresses. Il avala six Doliprane 1000mg ; le corps bouffi d’acide acétylsalicylique, il en ressortit en titubant avec une sensation d’ivresse. Il se rallongea sur son lit et replongea dans l’Odyssée, obsédé par la perspective d’avoir vingt autres ouvrages à avaler avant de terminer la première fournée. Parvenu à la dernière page, il eut la sensation de n’avoir pas retenu grand-chose des aventures d’Ulysse. Il referma soigneusement le livre et le plaça dans la grande étagère vide qu’il avait spécialement aménagée pour le Projet.
Trois semaines étaient passées. Il avait avalé douze bouquins, écouté vingt-trois disques, étudié en détail cinquante pays du globe. Il avait zigzagué de la Grèce antique à Descartes, de Tchekhov à la civilisation Inca, des dinosaures à Tomaso Albinoni, de la mécanique quantique au cantique de Zacharie, des micro-organismes aux étoiles, des fermions aux supernovas… Des crises d’impatience le prenaient parfois, le plongeant dans des états proches de la frénésie, auxquels succédaient de nouveaux vertiges, des maux de tête torturants, des crises d’angoisse ou des abattements profonds qui l’expédiaient tout droit chez Morphée sans passer par la case départ ; il émergeait parfois de ces effondrements en plein milieu de la journée en un soubresaut halluciné, en nage, sans plus savoir ni où il était, ni depuis quand il s’était endormi, avec, sur son thorax, le bouquin tacheté d’alvéoles de bave issues d’un filet qui remontait jusqu’aux commissures de ses lèvres. Il savait bien qu’il n’y avait dans ce parcours culturel aucune cohérence, aucune ligne de fuite, aucun dénominateur commun. Les éclairs de conscience de l’absurdité de son Projet le jetaient dans des tourments indicibles. Mais que faire ? Se spécialiser ? Choisir un domaine au hasard et le travailler en profondeur, fi de tout le reste ? Il se prit immédiatement de dégoût pour cette mesquine solution ; il ne fallait bien au contraire rien éliminer, tout est passionnant, tout est nécessaire, tout est indispensable : il n’est pas un seul atome de la Création qui ne mérite la mise à disposition totale du cerveau humain. Le savoir d’une seule matière, eût dit Nietzsche, comme l’amour d’un seul être et comme l’amour de Dieu, est une barbarie, car on le pratique aux dépens de tout le reste.
Après trois mois et trente livres, tout son édifice était sur le point de s’écrouler. Celui-ci vacillait déjà depuis quelques semaines, mais là c’était vraiment la fin. Psychologiquement épuisé, il se prit une après-midi sabbatique durant laquelle il mesura avec terreur l’énergie colossale qu’il avait dépensée pour un projet dont il ne savait même plus vraiment l’objectif, sinon celui de se détruire totalement avant une mort indigne. Le Savoir commençait à lui apparaître comme la pire des vanités, et il ne rêva bientôt plus que d’une chose qu’il avait trop pratiquée au cours des décennies, qu’il connaissait par cœur au point d’avoir osé s’en dégoûter : aller courir dans les champs, s’allonger à l’ombre d’un saule pleureur et sentir la fraîcheur du vent lui caresser la peau.
Un soir, à bout de forces, il s’écroula sur sa moquette devant sa télé allumée. Le chat s’approcha lentement en miaulant, et à plusieurs reprises posa doucement sa patte sur le corps effondré qui ne se manifestait plus que par des expirations douloureuses. Au bout de quelques minutes, l’homme rouvrit les yeux ; la télé diffusait « Star Culture », un jeu basé sur des questions culturelles, avec voyage à la clé pour le grand gagnant. Le niveau était plutôt élevé, plus haut en tout cas que la moyenne nationale. Frappé par l’heureuse circonstance, d’un bond il se mit en tailleur et se passionna pour les questions, tout prêt à y répondre et se prouver à lui-même qu’il pouvait commencer à rentabiliser ses efforts :
« Quel roi légendaire d’Assyrie se suicida en incendiant Ninive ? »Une décharge électrique le projeta dans d’intenses réflexions ; d’un nouveau bond, il se mit debout et commença à marcher nerveusement de long en large, attendant la réminiscence qui lui donnerait la réponse qu’il croyait connaître. Il clama haut et fort les seuls noms dont il se souvînt : « Attila ! Assourbanipal ! » Rien d’autre ne vint. Il s’impatienta, proféra quelques borborygmes, attendit la réponse.
« Sardanapale ! dit le candidat.– Oui ! répondit le présentateur.
– MERDE ! hurla l’homme, je l’avais complètement oublié lui, je l’ai lu quelque part, je sais que je l’ai lu quelque part ! »
Le présentateur enchaîna :
« Quelle était la monnaie du Portugal dans les années soixante ? »
Cette fois, il n’avait même rien à proposer. Il avait étudié quelques pays en profondeur, dont le Portugal ne faisait pas partie.
« Putain, mais qu’est-ce que j’en sais de la putain de monnaie de ces putains de portos ? s’énerva-t-il en criant de nouveau.
– L’escudo ! dit le candidat.– Alors là, bravo ! répondit le présentateur.
– Mais c’est bien, vous êtes contents bande d’abrutis… allez, on enchaîne, on enchaîne bordel de merde ! »
Cette fois, il avait les mains posées sur les genoux, le visage presque collé contre l’écran du téléviseur.
« Comment s’appelle le héros de La Tempête de Shakespeare ? »Le candidat hasarda quelques noms ; aucun n’était le bon. Lui était surexcité, listait bêtement les seuls noms qu’il connaissait de l’œuvre du dramaturge :
« Hamlet ! Le roi Lear !... Roméo !– Prospero ! dit le présentateur avec enthousiasme.
– PUTAIN D’ENCULÉ ! hurla-t-il à bout de nerfs. Je le savais aussi ça, je le savais ! Mais t’aurais pas pu nous sortir du Hamlet, ah ça, t’aurais pas pu, hein espèce de gros tas de merde ? »
– PUTAIN D’ENCULÉ ! hurla-t-il à bout de nerfs. Je le savais aussi ça, je le savais ! Mais t’aurais pas pu nous sortir du Hamlet, ah ça, t’aurais pas pu, hein espèce de gros tas de merde ? »
Ca faisait longtemps qu’il n’avait pas déployé autant d’ardeur, ni manifesté autant d’énergie. Il était proche de l’hystérie, lui qui quelques mois auparavant traînassait son corps moulu depuis son misérable pieu jusqu’à la gamelle du chat, de la gamelle au frigo, du frigo au plumard, comme un zombie errant. L’émission se poursuivit. Une foule d’autres questions furent posées, qui toutes le tinrent en échec. Il connaissait quasiment toutes les réponses, il le savait intimement, et il avait raison. Le stress, la nervosité, l’agitation agissaient sur lui comme une nappe de brume qui l’empêchait de voir les réponses issues de la zone mémorielle qu’il verrouillait lui-même sans faire exprès. Il devint vite résigné, s’effondra à nouveau sur la moquette, puis se traîna lamentablement jusqu’au grabat de sa misère et de son ignorance.
Une semaine de repos fébrile s’écoula, une semaine sans la moindre lecture, sans télévision, sans disque de musique classique ni classiques du septième art, pas le plus petit atome de culture et de savoir ; juste son chat pour venir, de temps en temps, poser sa douce patte velue sur le visage rubicond du pauvre hère. Une fois remis sur pied, il se jura de vouer sa vie à l’inculture, au non-savoir le plus total. Maintenant convaincu que bonheur et ignorance font toujours bon ménage, il ne désirait plus que rester chez lui sans rien faire. Fumer ses roulées, boire de la bière, caresser le chat et suivre des émissions de jardinage, tels étaient les nouveaux objectifs. A quoi bon vouloir connaître un monde qui s’effondre, une race qui s’éteint, une vie qui dépérit ? Seule la connaissance de la mort et du néant peuvent, à la rigueur, avoir une certaine logique : eux au moins sont concrets et éternels.
Un jour – le Projet n’était plus qu’un lointain souvenir, une misère enfin révolue – son chat tomba malade, plutôt gravement. Les voies aériennes semblaient atteintes ; la pauvre bête s’étourdissait en éternuements répétés avec écoulement et pus au niveau des narines, ulcérations dans la bouche et des yeux qui coulent jusqu’à devenir effrayamment rouges. Sans trop comprendre comment, il sut instantanément de quoi il s’agissait. La réminiscence d’une vieille bribe du savoir qu’il avait accumulé durant le Projet fut aussi fulgurante qu’inconsciente, mais il n’eut pas le temps de pousser l’analyse. Les symptômes correspondaient exactement au Coryza, dont il a avait dû lire, pensa-t-il, la description dans quelque livre de médecine. Il creusa sa mémoire jusqu’à se souvenir du traitement associé, ce qui le dispensa d’aller perdre du temps chez le vétérinaire. Il opta pour la solution antibiotique, le Coryzalia, et traita son animal, qui fut totalement rétabli au bout d’un mois.
Pour la première fois, il se sentit infiniment reconnaissant du savoir qu’il avait accumulé. Mais il était conscient de la pauvre ironie de s’être torturé pendant des mois pour, au final, trouver l’utile dans des informations qu’il eût pu acquérir en cinq minutes. Cet épisode fut très loin de suffire à infléchir sa détermination nouvelle ; il escomptait bien se complaire toujours davantage dans son ignorance – avec l’intelligence selon Descartes, la chose au monde la mieux partagée. Avant de mettre le point final à toute cette sinistre aventure, il fit une dernière chose : se rendre une dernière fois à la médiathèque pour y dénicher ce livre de médecine qui lui avait tant servi. Il mit toute une après-midi à trouver le volume, mais ça lui tenait tant à cœur que les heures avaient filé comme des mirages.
Avec tous ses anciens livres, il fit de jolis feux – rien à voir avec quelque autodafé, se rassura-t-il – qui lui permirent de se passer de radiateur pendant plusieurs semaines. Sa bibliothèque à nouveau vide, il y plaça son premier véritable livre, celui qui avait sauvé son chat. Le premier d’une longue série, espéra-t-il.
11/02/2009
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